La première page du roman

Le conseil des Fosios.

Dans un proche avenir.
Le conseil des deux races se réunissait, comme à l’accoutumée, le premier lundi du mois.
Dans l’immense salle ovale, cohabitaient « En haut » et « En bas », les deux seules générations de Fosios sorties indemnes des bouleversements de ces dernières années. La génération « En haut » bénéficiait de la plus avancée des technologies. Celle « En bas » datait déjà. Pourtant, elle ne souffrait pas de son handicap. Son léger retard en matière de performances se trouvait largement compensé par le privilège et la fierté – pour autant que des robots, même surpuissants, puissent en éprouver le sens – d’avoir participé à la plus importante révolution de l’Histoire : l’avènement des hommes-robots !
Les Fosios, hommes-robots ultra-perfectionnés, avaient pris le pouvoir sur les humains démunis et mal en point. Tant de maladies et de problèmes en tout genre affaiblissaient ces pauvres humains ! Depuis les terribles tsunamis qui avaient dévasté la planète, plusieurs années auparavant, une grande partie de la population souffrait d’un mal incurable, le mal Souviv. Les valides, pour leur part, enduraient les pires tortures morales consécutives aux mêmes tsunamis.
Aucun de ces humains en perte de vitesse n’avait été en mesure d’opposer la moindre résistance à l’impérieux mouvement des Fosios, favorisé par un déferlement sans précédent des forces du mal. Une fois établis, les Fosios n’avaient pas hésité à se débarrasser de ceux qui les avaient conçus. Oublieux de leur passé de créatures de laboratoires élevées dans le secret des Industries Alcas, les hommes-robots avaient délibérément jeté un trait sur leurs difficiles débuts en ce monde. Effacé, le temps où Roger Alcas régnait en maître sur un empire surpuissant ! Gommés, les relents de résistance rencontrés de la part du 2IS, les ex-services de renseignements internationaux, seul contre-pouvoir aujourd’hui totalement anéanti !
La cause de tous ces désastres en revenait-elle à Salsa ? À en croire le développement foudroyant du mal, sur Terre, les actions des deux missionnaires de la dernière chance envoyées sur l’île atteignaient des sommets dans l’égarement le plus total. En effet, selon les rumeurs de l’époque, il se disait que l’état du bien et du mal, sur Terre, dépendait de la conduite des jeunes filles, sur Salsa. Si ces dernières réussissaient, sur l’île, le bien triomphait, sur Terre. Sinon…

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